« La Clusaz est un personnage du film » : quand les caméras se posent dans les Aravis pour le tournage du téléfilm Chute libre
Si Sam Karmann ( La Cité de la peur, Cuisine et Dépendances… ) est la tête d’affiche de ce téléfilm tourné dans les Aravis et diffusé sur France 3 en 2027, la station de La Clusaz et les habitants recrutés comme figurants en sont l’âme. Une volonté du producteur.
Le tournage du téléfilm Chute libre, avec Sam Karmann et Camille Claris, s'est déroulé à La Clusaz du 15 septembre au 6 octobre.
Photo Jean-François Baumard/France Télévisions/Seconde Vague Productions
Le cercueil a attendu sous le soleil d’automne pendant 6 heures devant l’église de La Clusaz. Les figurants aussi, enchaînant les prises de vues pour une scène qui durera 1 min 55 à l’écran. Ils sont nombreux au pied d’un grand portrait affiché sur la façade emblématique du clocher à bulbe de la station. Il s’agit de celui de Christophe, champion du monde de parapente retrouvé mort dans le téléfilm Chute libre, qui sera diffusé en prime time sur France 3 en 2027. Un sabotage déguisé en accident. Derrière l’enquête pour identifier l’assassin d’un as du parapente, c’est la mise en scène de la chute libre de son mentor, joué par Sam Karmann (La Cité de la peur, Cuisine et Dépendances…). Les difficultés entre une fille et son père, le poids des secrets et des rancœurs qui s’ancrent au fil des générations dans une communauté où tout le monde se connaît.
Même le nom de famille du personnage principal puise ses racines dans le village : Périllat
La réalisatrice Anne Péjean et les équipes de ont posé leur caméra jusqu’au 6 octobre à La Clusaz. Le producteur Stephan Kalb (Seconde Vague Productions), qui a des attaches dans la station haut-savoyarde, l’affirme : « La Clusaz est un personnage du film. » Le scénario a été écrit pour être tourné ici, dans « son village de cœur ». Le nom de la station des Aravis sera expressément cité, ses paysages et son architecture bien reconnaissables. Une vérité du décor à laquelle Stephan Kalb tient. Il signe l’idée originale, le scénario a été écrit par Éric Vérat. Ensemble, ils étaient venus faire des repérages d’écriture. Les scènes sont jouées et tournées au pied de la chaîne des Aravis, dans le cœur du village, devant la grenette, au golf aux Confins, sur les pentes escarpées du Crêt du Merle, à l’Étale. Et dans plusieurs chalets à Beauregard, Saint-Jean-de-Sixt et Manigod. La montagne révèle ce qu’elle a de plus majestueux, mais aussi toute sa rudesse qui peut la rendre intimidante et exigeante. Seules les séquences intérieures (palais de justice, gendarmerie) ont trouvé leur décor à Lyon. Même le nom de famille du personnage principal puise ses racines dans le village : Périllat. Le patronyme de la légende du ski français, enfant du pays et médaillé olympique, frère d’Yvette, figurante pour la journée. Et commerçante, toute sa vie, au cœur de la station. Ce matin du mardi 22 septembre, le village est calme. Une fourmilière quasi silencieuse de 80 personnes s’active dans un ballet millimétré sur la place. Au cœur de la scène, Sam Karmann (qui joue Joël Périllat, mentor du disparu), et Camille Claris (qui interprète Marion sa fille, mais aussi la capitaine de la brigade criminelle de Paris). En second ou troisième plan, une foule de figurants. Anonymes à l’écran mais de vraies figures à La Clusaz. Dans la vie, ils sont commerçants, anciens élus, enfants du pays. Pour le film, ils campent sur le parvis de l’église une rose à la main, l’air éploré, aux obsèques de Christophe. « On est la famille proche », soufflent Paul et Josiane Mermillod, un ruban blanc au poignet. Lui incarne le maire de la commune, en figuration. Un clin d’œil pour celui qui, à 25 ans, avait vraiment revêtu l’écharpe tricolore à Entremont, à quelques kilomètres d’ici. Tous sont venus avec leur propre « tenue d’enterrement », dress code du jour : vêtements sombres, « pas de fleurs, surtout pas de blanc (ça capte trop la lumière), rien de criard, accessoires autorisés », c’était la consigne. Chaque tenue a été checkée par l’équipe du film, si besoin ajustée. Depuis 6 h 30 ce matin, ils ont répété, attendu, joué, et recommencé encore et encore. À 10 h 30, le plateau de sandwichs venu les ravitailler attire tous les sourires. « Dès la première prise, il fallait bien repérer sa place, moi j’avais identifié un pétale de rose à terre devant lequel me poster. Mais aussi se rappeler sa position de départ, pour reprendre la même pose à prise », raconte Zoé, 25 ans.
800 candidatures pour une centaine de figurants
Pour le film, une centaine de figurants ont été recrutés, les locaux en priorité. 800 candidatures sont arrivées sur le bureau de Laura Lardeux, chargée de les sélectionner et de les guider avec une petite équipe, au fil de la journée. Elle scrute les détails. Avant chaque prise, un scan rapide de chacun des figurants permet d’identifier les faux raccords d’objet, de costume ou de coiffure qui détonneront au montage. « Les lunettes, tu ne les avais pas à la première scène, il faut les ôter. » L’accessoire tout juste caché, la caméra tourne déjà. Catherine Pollet et son mari ont pour rôle de figuration d’arpenter la place lors d’un échange rugueux entre les acteurs. La scène a été rejouée et filmée une multitude de fois, sous des angles différents. « On a fait 5 280 pas en répétant le même trajet à pied », s’amuse-t-elle en regardant sa montre. Dans son uniforme de gendarme, fausse arme à la taille, Miguel Labranche, attend. Il a assuré son rôle de figuration dans la voiture à côté de l’acteur Clément Moreau, capitaine Trenel, venu scruter les comportements suspects lors des obsèques. Il s’amuse des effets produits par le « costume » entre deux scènes. « Les gens y croient, quelqu’un est même venu m’apporter un portefeuille trouvé ». À ses côtés, Guy Mermillod, enfant du pays, a enfilé son costume d’agent funéraire, comme tous les matins. Mais cette fois pour de fausses obsèques. En plus de la figuration, il fournit le corbillard pour la scène et briefe ceux qui devront porter le cercueil pour le film. « Ça fera de bonnes anecdotes à raconter. »
Jennifer Parisot – 23/09/2026 16:01
Source : Le Dauphiné libéré

